Stratégie digitale

La merde d’analyse des sentiments dans les médias sociaux

Citoyens!


Je prépare actuellement un discours pour une importante « université » politique française et j’ai beaucoup lu sur l’analyse des sentiments que certaines entreprises sont fières de suivre automatiquement.

Le truc c’est que je ne crois pas du tout que ce soit encore d’actualité, ou que ce le sera un jour.

Comment venir? Tout d’abord, je vous recommande de lire cette brillante analyse de Guilhem (c’est en français mais je suppose que vous pouvez marquer des points). Quelques réponses :

  • il y a des millions de manières d’exprimer une opinion. Seul le cerveau humain peut traiter la façon dont les gens expriment leurs opinions. Parce que la plupart du temps, les influenceurs numériques utilisent des images, des références culturelles, qui n’expliquent pas directement une position pour ou contre, mais qui poussent plus légèrement les lecteurs à obtenir des points
  • nous ne vivons pas dans un monde binaire, dans lequel les gens ne seraient que pour quelque chose ou contre quelque chose : dans les sondages d’opinion, il y a plus de diplômés, plus de détails, plus de niveaux de compréhension. Résumer les opinions des médias sociaux dans ce modèle n’est pas seulement faux, mais c’est une erreur professionnelle : vous donnez de faux aperçus, de fausses tendances, de fausses idées, qui peuvent conduire à des désastres marketing. De plus, si vous utilisez « neutre » uniquement pour trier toutes les conversations qui ne correspondent pas à votre filtrage automatique des sentiments, vous vous trompez ! Neutre SIGNIFIE quelque chose, cela ne signifie pas « NON COMPRIS »
  • l’analyse des sentiments diminue la richesse du web social. Si vous déclarez que 20% des conversations en ligne disent que ce produit spécifique est génial, eh bien, vous ne dites pas où se déroulent les conversations, si certaines d’entre elles sont plus importantes à considérer que d’autres (ou plus influentes), à quoi ça sert de contact entre tous ces gars, ce qui rend les gens très différents parler dans le même domaine d’intérêt. Les recommandations que vous pré-installez via cette analyse des sentiments ne sont pas optimales, car elles ne croisent pas de données inattendues, alors que la surveillance des médias sociaux consiste en cela : remettre en question ce que vous savez déjà.
  • l’analyse des sentiments casse la crédibilité du marché : plus vous vendez de mauvaises études, plus vous détruisez un travail quotidien avec des clients diversifiés pour capter tous les enjeux, toutes les choses nécessaires pour faire du « bon » social media

Je suis un peu en colère mais bon ! Je sais que de bons outils peuvent être meilleurs avec de bons cadres de réflexion.

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Erwan

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Erwan

Erwan, expert digital pour Coeur sur Paris, offre des insights pointus sur le marketing et les réseaux sociaux. Avec une plume vive et une analyse fine, il transforme les complexités du digital en conseils pratiques et tendances à suivre.